Tiendrions, en avant première, le meilleur festival d’été de l’année (nuits sonores hors exceptées) ? C’est la première impression renvoyée par l’affiche de très haute volée du festival
dissonanze qui s’est tenu à rome, vendredi 9 mai et samedi 10.
Mais jugez plutôt :
non je déconne,c'est juste une vieille blague des nuls, voilà la vraie prog : * Array Dance Company [UK] * Booka Shade [D] * Brasilintime feat. Dj Nuts, Ivan Mamao Conti, J.Rocc, Joao Comanche
Parahyba, Madlib * Caribou [CDN] * Carl Craig [USA] * Charlemagne Palestine [USA] * Cluster feat. Moebius & Roedelius [D] * Cobblestone Jazz [CDN] * Cyprien Gaillard [F] * Deadbeat [CDN] *
Erol Alkan [UK] * Fujiya & Miyagi [UK] * Headman [CH] * Inside-us-all [UK] * Italo & Cosmic Disco feat. Alexander Robotnick, Daniele Baldelli, Francisco, Rodion * Loco Dice [D] * Luca
Trevisani [IT] * Lucky Dragons [USA] * Model 500 feat. Juan Atkins, Mad Mike Banks, Mark Taylor, Milton Baldwin [USA] * Munk [D] * Murcof feat. xx+xy visuals [MEX/IT] * Nico Vascellari vs. John
Wiese & Stephen O'Malley [IT/USA] * No Age [USA] * Otolab [IT] * Pinch [UK] * Pixel Addicts [UK] * Prefuse 73 [USA] * Ryoji Ikeda [J] * Spartacus Chetwynd [UK] * Susan Philpsz [UK] * Switch
[UK] * The Bug [UK] * Thorsten Fleisch [D] * Yacht [USA] * Zu vs Scarful [IT]
Le genre de line-up qui donne envie d'acquérir illico le don d’ubiquité. Mais il va falloir choisir. Vendredi donc, on se rend à l’opéra ara pacis, une sublime salle romaine près du panthéon,
dans laquelle le red bull (servi gratis à toute l'assemblée, entreprise assez louable pour la noter) coule à flots, et les convives sont plutôt rigolos. On y croise pêle-mêle des enfants, des
filles avec des morceaux de tissus abusivement appelés jupes, un type barbu en jupe et collants fluos, des chanteurs improvisés chantant avec une bouteille de vodaka à la main et des gens
déguisés en poulets dansant comme des zouaves sur des sets allumés de zozos inconnus qui enchainent bach, joy division et hot chip.
On file ensuite au palazzo dei congressi, temple colossal et grandiose, dont la salle principale peut contenir le Panthéon de Rome. Première impression à chaud : la démesure du lieu n’a d’égale
que l’ambiance qui règne à l’intérieur lorsqu’on franchit les marches felliniennes ; cobblestone jazz chauffe la salle du bas à blanc, tandis que rodion, en live sur l’immense terrasse provoque
une standing ovation : tous les clubbers assis en rang d'oignons sur les bancs de pierre se lèvent comme un seul homme quand retentissent les premières notes de leure version italo disco de
"logical song" de supertramp. Avec ce live surpuissant donné sous les étoiles, les deux rodion lancent le coup d’envoi d’une nuit spécial « italo & cosmic disco » qui comprend également des
sets d’alexander robotnick, daniele baldelli et francisco. En Italie, l’italo disco n’est pas une lubie à exhiber entre bobos après découverte récente de glass candy et autres chromatics, mais
une religion d’état. En Italie, les beats chips, on aime ça, on les a dans le sang, comme le chianti et la carbonara, on le fait mieux que personne d’autre au monde. Et il faut voir les
italiennes danser comme si elles avaient fait du lap dance toute leur vie sur du Baldelli pour s’en rendre compte et déclarer forfait. Après six heures de nappes de synthés stellaires, on rejoint
enfin Morphée à l’hotel sheraton, vieux repère kitschissime de touristes interchangeables : que des couples dont la femme porte belle, avec bijoux en or et robes fleuris et le mari, bedonnant,
toujours, sort le porte feuille à tout va.
SAMEDI : visite de Rome à pied, on fait à peu près deux heures de marche pour trouver l’unique disquaire de la ville, indiqué par le seul bonhomme pas bronzé-tout en blanc-chaine en or qui
brille, qu'on ait croisé. Et on y achète la compil "cosmic rock" de Baldelli et diongi qui fait l’objet d’une bonne chronique du confrère Bedos dans le dernier tsugi. On hésite aussi à prendre
une compil qui vient de sortir, celle de rocco siffredi, qui playliste quand même « love » de Frankie knuckles, mais en imaginant la gueule hilare du vendeur en train de lire un magazine de
boules, quand on passera à la caisse, on préfère s’abstenir.
Sinon, à part la magnifiscence des momuments romains, je suis un peu déçue par la faune locale! Je m’imaginais Rome façon audrey hepburn et gregory peck dans vacances romaines ou habitée par le
même charme rétro et romantisme surrané que le « weekend à rome » de daho, mais au lieu de ça, je me retrouve dans un mauvais remake du navet jet-set version méditerranée : je n’ai jamais vu
autant (même à saint tropez) de seins refaits, de femmes liftées, de tee shirts moulants dolce & gabbana, de talons aiguilles strassées au mètre carré : Rome au printemps, c’est un peu comme
une boîte du 16 eme arrondissement un soir d’été caliente. Du moins, c’est l’image que je m’en fais après cette journée de marche qui ne m’a pourtant pas qu’amener dans les circuits pour
touristes amoureux n’aimant rien de plus que se visiter leurs glottes mutuelles devant le colisée.
Heureusement, il y a deux gars de resident advisor en plus de moi, dont l’un d’eux est un croisement entre pharrell des fluokids et aphex twin, et à nous trois, on fait la nique aux physiques de
pubs pour Guess en assurant fieremment le quota "geeks-freaks". Et puis surtout il y a la musique, qui rattrape un peu tout ça, et qui justifie la question qui nous taraudait à la terrasse du
café "macumba" : mais qu'est ce qu'on fout là?. Ce samedi soir, c’est un peu noël en mai. Carl craig, madlib, cluster, erol alkan, fujiya & miyaga, headman, munk, tous se sont mis sur leur 31
et ont amené leurs meilleures galettes, revêtus leurs plus beaux atours et mis le paquet pour nous gâter. Je vous laisse donc avec quelques petites vidéos trouvées sur youtube, qui parleront plus
que des mots, même si la qualité sonore n’est pas au rendez-vous, j'espère que vous serez emballés.
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pour l'instant je sauve Berlin