Ca m’intrigue toujours un peu quand les universitaires français se penchent sur un « phénomène culturel » tel que la musique électro et les « Technophiles ». Ce n’est pas un a priori inopportun de ma part, c’est juste une légère appréhension eu égard aux pavés gobés durant mes études… ces ouvrages publiés par les professeurs d’université. Ouvrages souvent jargonnants, brodés de concepts parfois obtus, mais quelquefois humbles ou captivants. L’un d’eux, Jean-Louis Bischoff, a publié Tribus musicales, spiritualité et fait religieux : enquête sur les mouvances rock, punk, skinhead, gothique, hardcore, techno, hip-hop (L’Harmattan), après s’être concentré, j’imagine avec opiniâtreté (!!!), sur la Dialectique de la misère et de la grandeur chez Blaise Pascal. Le grand écart entre ces deux textes relève sans doute de l’acrobatie intellectuelle, mais c’est tout à son honneur…
Au fil de son raisonnement et des informations glanées dans d’innombrables sources, Bischoff en vient à dégager deux notions : celles de « l’homme vers le bruit » et d’«Homo sentiens ». Parmi quelques déductions franchement rapides, ces deux idées-là m’ont paru intéressantes (attention, je n’ai pas dit que j’y adhérais… hein !).
La première tout d’abord : l’homme vers le bruit serait « un être dans un monde qu’il juge désenchanté et qu’il entend réenchanter ». Pourquoi ? Parce que la principale tare de notre société actuelle est la désagrégation du lien social, dit-il. Le « jeune » (les vieux s’abstenir donc…) recherche alors les valeurs perdues : la convivialité, la sociabilité, la solidarité. La « tribu musicale » permettrait donc de satisfaire la stabilité, et le sentiment d’identité collective. Pourquoi le « bruit » alors ??? « Le désir de bruit, propre à la tradition rock, fait d’abord signe vers une contestation sociale, politique et spirituelle ». Le mec précise : « la techno est de ce point de vue, par rapport à toutes les musiques dominantes, une musique bruyante puisque composée uniquement de sons non périodiques ». (raaaaaaahhh ! Je précise que le terme « techno » est souvent utilisé par Bischoff de manière générique, englobant toutes les musiques électro...) Et puis attention les enfants !!! « la fête techno apparaît d’abord comme un jeu toutefois frappé du sceau de l’excès »…
Suit la deuxième notion : l’Homo sentiens, type humain idéal de notre époque, « celui qui voue un culte à l’émotion ».
Bien sûr, comme ces fameuses dissertes en trois parties, le texte universitaire s’achève sur les « limites » : l’auteur nous met en garde contre la confusion entre émotion et « émotionalisme » (l’émotion, agitation de surface que je fabrique où je veux, quand je veux, si je veux).
Et là, j’ai envie de dire : heu… expérimente avant d’écrire un pavé.
Christelle
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Le livre parle de faits religieux et de spiritualité qu'il relie aux tribus musicales et surtout pas "ce que vous devez savoir sur le Rock, le gothique".. Lisez le titre…
En ce qui concert l'homme vers le bruit, et autre. C'est dans l'introduction et non dans le coeur de ses propos...
Il utilise le terme bruit de manière non péjorative, le terme enchantement est lié à la sécularisation... C'est pourquoi, il définit dans l'introduction CHACUN des termes qu'il va utilisé. Et sortir ce mot du contexte en change son sens, le lire de travers aussi..
Pour moi, il reste neutre dans ses propos en balayant les clichés de télévision. Il attire l'attention à comprendre comment lire son bouquin et vous êtes tous tombé dedans.
On peut lui reprocher de trouver des faits religieux et de la spiritualité à des endroits où il n'y en a parfois pas, d'utiliser la sémiologie fallacieuse, l'étymologie et l'herméneutique bidon pour étayer ces propos, qu'il n'est pas allé voir de lui-même les mouvements qu'ils décrient (certains l'ont noté). Et c'est ce que je dirais en critiquant le livre, mais la plupart des arguments que je lis ici dans les commentaires et dans le billet du blog me semblent hors de propos.
Et contrairement à ce que vous dites Bischoff utilise le terme techno pour tous ceux qui est "sound system" et parfois pour l'électro en "club". j'écoute un sous-genre de la musique électro, et je ne me suis absolument pas reconnu dans sa partie électro.
Rerappel : Faits religieux et spiritualité et non pas Techno, hardcore, ... Bien ou mal ?
Pour info, j'écoute principalement la musique qu'il décrit dans son livre, et je ne possède pas d'actions chez l'harmattan ;)